Hortithérapie

 

DEFINITION de J.J. Pellissier, docteur en psychologie : «L’hortithérapie, c’est l’utilisation, s’inscrivant dans la durée, du jardin, du jardinage et des relations sensorielles avec la nature, en vue d’améliorer son état et sa santé (incluant donc les dimensions bien-être, équilibre, 

capacité à prendre soin de soi) avec l’aide d’un professionnel qualifié». 

 

L’hortithérapie est un acte thérapeutique qui consiste à utiliser le jardin, la culture des plantes, la relation aux plantes, aux matériaux issues de la nature dans le but d’améliorer la santé physique, mentale et sociale. C’est une intervention non médicamenteuse à part entière

La médecine qui s’intéresse aux effets de la nature sur la santé est, en France, souvent reléguée au rang de médecine des petits problèmes. Pourtant l’hortithérapie est un outil thérapeutique validé et utilisé dans dans plusieurs pays depuis des décennies, et en France dans des services prenant en charge des problématiques de santé qu’on ne peut qualifier de négligeable (psychiatrie, gériatrie, soins palliatifs). 

AP-HP : dès 1999 Pitié-Salpétrière en pédopsychiatrie (Pr. Mazet, Cohen et Basquin) - Robert Debré - Hendaye CHU de Nancy - CHU de Lyon - CHU de Montpellier - CHU Dijon-Bourgogne CHU de Grenoble MPR CHU de Nice - CHU de Dijon gynécologie

VALIDITÉ SCIENTIFIQUE ET BÉNÉFICES POUR LES PATIENTS

Les bienfaits de l’hortithérapie ont fait l’objet de très nombreuses études internationales depuis 1984, et de nombreuses études françaises depuis une dizaine d’années, dont des méta-analyses. En voici quelques unes :

Bénéfices physiques :

-Améliore les réponses immunitaires
(Hartig et al., 1991 ; Ulrich et al., 1991 ; Ulrich & Parsons, 1992 ; Ulrich, 1999) 

-Abaisse la fréquence cardiaque (Wichrowski et al., 2005) 

-Promeut un bien-être physique
(Ulrich & Parsons, 1992 ; Cooper Marcus & Barnes, 1999 ;Armstrong, 2000 ; Rodiek, 2002) 

-Améliore la motricité fine et grossière et la coordination oculomotrice (Moore, 1989) 

Bénéfices psychiques :

-Diminue l’intensité de la dépression (Cooper Marcus & Barnes, 1999 ; Stepney & Davis, 2004 ; Son et al., 2004 ; Gonzalez et al., 2009 ; 2011 ; Kam & Siu, 2010) 

-Réduit l’anxiété (Son et al., 2004 ; Stepney & Davis, 2004 ; Kam & Siu, 2010)
-Améliore la qualité de vie (Willets & Sperling, 1983 ; Waliczek et al., 2001)
-Augmente la sensation de bien-être (Shannon E. Jarrott et al., 2002 ; Barnicle et al., 2003)
-Diminue le stress (Rodiek, 2002 ; Kam & Siu, 2010)
-Améliore l’humeur (Wichrowski et al., 2005)
-Favorise l’estime de soi (Moore, 1989 ; Son et al., 2004)
-Favorise le sentiment de contrôle de soi (Relf, 1992)
-Améliore la satisfaction personnelle (Pothukuchi & Bickes, 2001) 

Bénéfices cognitifs :

-Amélioration du fonctionnement cognitif (Kaplan & Kaplan, 1989 ; Herzog et al., 1997)
-Augmentation de la concentration (Wells, 2000)
-Stimulation de la mémoire (Namazi & Haynes, 1994).##
-Améliore la réalisation de tâche (Willets & Sperling, 1983). 

-Augmente les capacités d’attention (Hartig et al., 1991 ; Ulrich & Parsons, 1992 ; Ulrich, 1999 ; Gonzalez et al. 2009) 

Bénéfices sociaux :

-Augmente les interactions sociales (Moore, 1989 ; Perrins-Margalis et al., 2000 ; Son et al. 2004) 

-Favorise la cohésion sociale dans le groupe (Bunn, 1986) 

-Expérience sociale vécue comme positive ( Perrins-Margalis et al., 2000 ; Sempik et al., 2006) 

INDICATIONS

Les indications sont plutôt larges, à l’image des nombreuses spécialités médicales ayant recours à ce type d’atelier. 

L’hortithérapie s’adresse à quasiment tous les patients mais ne se pratique pas de la même manière avec tous les âges ou toutes les pathologies 

Exemple en psychiatrie : on peut indiquer toute pathologie associée à des symptômes anxieux :
 -Troubles psychotiques
 -Trouble de l’humeur : dépression, phase dépressive d’un trouble bipolaire 
-Troubles anxieux 

-Addictions
-Troubles du spectre autistique
-Stress post-traumatique
 

Mais les activités, l’environnement, le nombre de participants (seul ou en groupe) varient en fonction du patient des objectifs fixés en amont. 


Au sens où l’entend la Haute Autorité de Santé dans un rapport de 2011, une INM se définit comme une intervention non pharmacologique, non invasive, ciblée et fondée sur des données probantes, visant à prévenir, soigner ou guérir. l’hortithérapie bénéficie d’un haut niveau de preuves de son efficacité, se matérialise sous la forme d’un protocole reproductible avec un objectif de santé précis et clairement défini. 
 

Aussi, l’hortithérapie a toute sa place : 

- dans les stratégies visant à maintenir le patient à son domicile, 
- dans l’accompagnement et le répit des aidants,
 - dans les offres auprès des personnes en situation de handicap, 
- dans la prise en charge de la dépression, de la douleur , et de nombreuses maladies.